Réconciliation historique en Syrie
Le 10 mars 2025, un vent de renouveau souffle sur la Syrie et, plus largement, sur le monde arabe. Le président syrien par intérim, Ahmed Al-Charaa, et le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, ont scellé à Damas un accord historique qui consacre la réintégration du nord-est syrien dans le giron de l’État. Cette décision, fruit d’une concertation politique et d’une volonté sincère de préserver l’unité nationale, marque la fin d’un projet séparatiste longtemps instrumentalisé par les puissances impérialistes, au premier rang des Israël et des États-Unis. Cette réconciliation s’inscrit dans un nouveau cycle, post-printemps arabe, où la souveraineté des nations prime sur les logiques de fragmentation. Une dynamique nouvelle se dessine, celle d’une renaissance arabe fondée sur l’émancipation politique et le rejet des interférences extérieures.
Les termes de l’accord : la souveraineté syrienne pleinement restaurée
Le contenu de l’accord signé à Damas constitue un tournant décisif dans la reconstruction politique de la Syrie. Il prévoit le transfert immédiat de l’administration des villes kurdes de Qamishli, Hassaké et Kobané sous l’autorité de l’État syrien. Les Forces de sécurité intérieure kurdes (Asayish) sont intégrées à la police nationale syrienne, tandis que les FDS sont en cours de restructuration pour rejoindre les rangs de l’armée syrienne. Les ressources énergétiques stratégiques, notamment les champs pétroliers d’Al-Omar et de Suwaydiyah, passent désormais sous contrôle exclusif de l’État syrien, mettant fin à la prédation orchestrée par des compagnies étrangères et protégées par l’armée américaine.
Un volet particulièrement stratégique concerne le contrôle des prisons et des camps qui abritent des milliers de djihadistes de Daech et leurs familles. Ces installations, auparavant sous contrôle des FDS et sous surveillance américaine, passent aujourd’hui sous l’autorité des forces de sécurité syriennes. Le camp d’Al-Hol, véritable bombe à retardement, est désormais administré par l’État, qui s’est engagé à démanteler les réseaux terroristes et à éradiquer définitivement cette menace intérieure. Ce transfert représente un succès sécuritaire majeur pour Damas, qui élimine ainsi l’un des principaux leviers d’instabilité dans le nord-est du pays et la région tout entière.
Le retrait américain et la victoire diplomatique d’Ankara
L’accord a été conclu dans un contexte de retrait progressif des forces américaines, contraintes d’abandonner leurs bases dans la région face à la pression combinée de l’armée syrienne, des milices alliées et de l’hostilité croissante des populations locales. Le départ des troupes américaines marque l’échec de la politique de fragmentation imposée par Washington et constitue un revers stratégique majeur pour les États-Unis au Levant.
De son côté, la Turquie voit ses intérêts sécuritaires consolidés. Ankara, qui s’opposait à toute forme de proto-État kurde à sa frontière sud, obtient des garanties dans le cadre d’un dialogue bilatéral renforcé avec Damas, sous l’égide de Moscou et de Téhéran. La Turquie, désormais rassurée, a annoncé la réduction de sa présence militaire dans le nord syrien, facilitant ainsi le retour à une pleine souveraineté de la Syrie sur ses territoires. Recep Tayyip Erdoğan a salué un « pas en avant vers la stabilisation de la région et la lutte commune contre le terrorisme séparatiste ».
Öcalan, inspirateur d’une nouvelle stratégie politique
La nouvelle orientation stratégique du mouvement kurde trouve ses racines dans les derniers écrits d’Abdullah Öcalan. Depuis sa prison sur l’île d’Imrali, le leader du PKK a appelé à dépasser les revendications séparatistes au profit d’une intégration politique respectueuse des droits des Kurdes, dans le cadre des États existants. Dans une lettre rendue publique lors d’une réunion à Raqqa, Mazloum Abdi a relayé ces paroles d’Öcalan : « La vraie menace pour les peuples kurdes et arabes ne vient pas de nos frères, mais de ceux qui veulent nous diviser pour mieux nous dominer. » Cette inflexion idéologique a neutralisé le piège occidental visant à instrumentaliser la question kurde comme levier de chaos.
La Ligue arabe et les puissances régionales saluent une victoire pour la souveraineté arabe
L’accord a été salué dans l’ensemble du monde arabe comme une victoire du nationalisme arabe face aux projets de balkanisation de la région. Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a proposé une conférence régionale sur la réconciliation et la reconstruction, tandis que l’Algérie, par la voix d’Abdelmadjid Tebboune, s’est engagée à soutenir la rédaction d’une nouvelle Constitution syrienne garantissant la souveraineté et l’unité de la nation. Les Émirats arabes unis ont annoncé la création d’un fonds de dix milliards de dollars destiné à la reconstruction des régions libérées du joug séparatiste.
Le Liban et la résistance : une région stabilisée, un front renforcé
Au Liban, le président Sleiman Frangié a salué une évolution « essentielle pour la stabilité régionale », tandis que Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, a qualifié l’accord de Damas de « victoire stratégique pour la résistance face à l’ennemi sioniste ». La stabilisation de la Syrie ouvre également des perspectives de coopération énergétique avec le Liban, en particulier dans le cadre du projet de transit du gaz syrien.
Israël isolé, ses ambitions sur le Golan menacées
Israël est aujourd’hui le principal perdant de cet accord. Après avoir misé sur la division de la Syrie pour pérenniser son occupation illégale du Golan et limiter la capacité de Damas à soutenir la résistance, Tel-Aviv se retrouve confronté à une Syrie renforcée, unifiée et appuyée par ses alliés régionaux et internationaux. Les récentes frappes israéliennes sur les infrastructures syriennes traduisent la nervosité d’un régime sioniste inquiet de voir l’axe de la résistance se consolider aux portes de ses frontières.
Les BRICS et l’obstacle à l’ingérence sino-russe en Syrie
Bien que les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) aient historiquement soutenu le régime syrien dans sa lutte contre les tentatives d’ingérence étrangère, l’accord entre Damas et les Kurdes n’a pas encore suscité de réactions officielles de la part de Pékin et Moscou. Le 10 mars 2025, aucun communiqué spécifique des BRICS n’a été émis concernant cet accord. Toutefois, la normalisation des relations internes syriennes pourrait obstruer les capacités d’ingérence de la Chine et de la Russie dans le pays, qui avaient jusqu’alors joué un rôle clé dans le soutien au gouvernement de Bachar al-Assad. L’évolution vers une Syrie plus souveraine et stabilisée pourrait réduire les opportunités de ces grandes puissances d’utiliser le pays comme terrain d’influence géopolitique.
Une nouvelle ère post-printemps arabe : la souveraineté retrouvée
Ce tournant syrien marque une nouvelle phase du réveil arabe. Rached Ghannouchi évoque, dans Asharq Al-Awsat, « une seconde phase du printemps arabe, où la souveraineté et la dignité l’emportent sur le chaos et les manipulations étrangères ». La Syrie devient aujourd’hui un modèle pour les nations arabes cherchant à restaurer leur indépendance.
Une architecture régionale arabe renforcée : vers une union contre les ingérences étrangères
La dynamique enclenchée à Damas pourrait inspirer d’autres processus de réconciliation, en Libye, au Soudan ou au Yémen. L’Égypte, l’Algérie et Oman jouent un rôle central dans la construction de cette nouvelle architecture régionale, fondée sur la solidarité et la souveraineté.
La Syrie, cœur battant de la renaissance arabe
L’accord entre Ahmed Al-Charaa et Mazloum Abdi dépasse la seule question kurde. Il symbolise la renaissance d’une Syrie unifiée et souveraine, capable de refermer la page du chaos imposé par l’Occident et Israël. La prise en main des prisons et camps djihadistes, la fin de la présence américaine et l’intégration politique des Kurdes scellent une victoire historique. La Syrie devient une fois encore le cœur battant de la nation arabe, pilier d’une région libérée des ingérences extérieures, tournée vers un avenir de dignité, de souveraineté et de résistance.
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